Τρίτη, 14 Δεκεμβρίου 2010

Georges Contogeorgis Master in European Studies Dix ans d’une expérience européenne créative inégalable




1. En tant qu’institution, le Master in European Studies a dix ans. Mais l’idée était dans l’air bien avant, il y a presque 23 ans.

Nous nous sommes connus, Ariane Landuyt et moi, avant 1990 : à Bruxelles, où nous étions tous deux experts de la Commission européenne pour les programmes européens. Nous discutions souvent de la nécessité de créer de nouvelles institutions universitaires européennes, comme le Master, les IP, des Réseaux, etc., qui répondraient à la dimension européenne des institutions nationales. Ariane était profondément convaincue que les universités nationales devaient aller dans cette direction, s’européaniser. Et déjà ses initiatives allaient dans ce sens.

À cette même époque, j’avais vécu, de mon côté, l’expérience de la création du premier DEA européen de science politique que j’avais proposé à l’IEP de Paris, auquel étaient parties prenantes les Sciences Po de Paris, l’université Panteion d’Athènes et l’université de Louvain-la-Neuve.

Cette première expérience post-universitaire inter-européenne avait eu un étonnant succès. Ce Master a été parmi les premières institutions européennes qui a introduit l’étude et l’enseignement du phénomène des identités collectives. En ma qualité de professeur invité à Sciences Po. (et au Master), j’ai eu la chance de mettre en chantier l’ouverture européenne de l’IEP et de Panteion et d’inspirer même l’European Political Science Network (EPSNET) , qui visait à développer une science politique européenne, complémentaire à celle de l’école anglo-saxonne. Dans ce même cadre, nous avons organisé des IP, des stages et d’autres activités pour nos étudiants. La Revue Internationale de Politique Comparée (5/1998) a consacré tout un numéro à son œuvre, qui portait le titre Les identités territoriales. Pourtant, l’expérience ne dura que quelques années, pour la simple raison que le personnel enseignant la considérait avec suspicion.

L’initiative d’Ariane Landuyt a réussi là où l’entreprise du DEA européen de Sciences Po avait échoué. Cela a manifestement été le résultat d’une longue réflexion, qui a pris en compte tous les paramètres sensibles de l’entreprise. Elle a compris, pour commencer, qu’il n’est pas facile de maintenir en vie une institution qui ne se rattache pas à la vie interne de l’université. Les acteurs de l’institution sont obligés de livrer des batailles continuelles pour persuader les instances universitaires de sa nécessité et les collègues qu’ils ne sont pas menacés par l’extraversion compétitive de l’université. Le Master a réussi à convaincre, je pense, que sa contribution à la reconnaissance internationale de l’université de Sienne était importante. Je dirais la même chose pour ses partenaires étrangers, bien que là, je suppose, les difficultés doivent avoir été moindres, quoique pas toujours négligeables. Le Master a été une institution des universités, dotée toutefois d’une autonomie sécurisant son action.

Je pense que la deuxième raison qui explique la carrière décennale du Master se rapporte à sa cohérence interne, à l’homogénéité, à l’entente et à l’ambiance qui se sont installées dès le départ entre ses membres et qui ont été préservées avec le plus grand soin jusqu’à ce jour. Je considère que cette entente est un énorme succès, si l’on songe qu’elle englobe douze représentants d’établissements d’enseignement supérieur. Il est manifeste que ce succès est à mettre entièrement au crédit des choix attentifs de la Directrice du Master, ainsi qu’à l’esprit de coopération, d’estime mutuelle et de respect qui s’est imposé comme signe distinctif de son fonctionnement interne. Cette ambiance, qui reflète l’attachement des membres du Conseil à un état d’esprit académique profond, nourrit la pluralité de vues partagée par les enseignants, voire leur appartenance à différentes écoles de pensée. Ce qui profite énormément aux étudiants, car cela leur assure la liberté de choix et une possibilité de synthèse très diverse dans le processus de la connaissance.

Ariane Landuyt a, je pense, pleine conscience que ce sont les hommes qui créent et maintiennent les institutions. La cohabitation d’un si grand nombre d’universités et d’individus sous le toit d’une seule institution internationale suggère qu’il existe à présent une cause plus profonde: la famille européenne fondamentale, qui repose, d’une part, sur l’élaboration d’une conscience profonde d’une identité, et d’autre part, sur l’existence d’un système politique qui nourrit plus ou moins la perspective européenne dans les affaires universitaires. Notre Master confirme précisément que c’est l’identité européenne commune qui insuffle la volonté d’objectifs communs reposant sur des valeurs communes et sur un soubassement culturel commun non moins solide.



2. Ce Master a à son actif une œuvre importante. Un grand nombre de diplômés en liaison avec la gnoséologie européenne et l’acquis européen. Qui transposent leur expérience dans leurs pays au sein de l’Union européenne, mais aussi au-delà de celle-ci. Parallèlement, un nombre substantiel d’activités scientifiques, comme des colloques, des IP, des publications, des stages, etc., dont l’apport a marqué la qualité des nos étudiants et, je dirais même, la communauté scientifique européenne. Une expérience européenne exceptionnelle concernant le personnel enseignant, qui s’inscrit manifestement comme expérience internationale naturellement aussi pour ses étudiants. J’ajouterai aussi que, grâce aux collaborations inter-universitaires tissées par les universités impliquées, d’autres étudiants Erasmus qui, en fin de compte, ne sont pas inscrits au Master en profitent aussi.

Je pense pouvoir affirmer en toute certitude que la quasi-totalité de mon œuvre scientifique en rapport avec l’Europe, je la dois à ma participation au Master et à ses activités. Je me sens personnellement particulièrement heureux d’avoir participé à ses travaux, parce que cela m’a donné l’occasion de créer des amitiés «royales», dont je ne peux dire que, sans cela, je les aurais vécues. C’est pourquoi les réunions du Conseil scientifique sont pour moi, et pour nous tous je pense, un «événement», qui laisse des traces tant sur nous que sur les universités où nous travaillons.

Le Master fête ses dix ans, avec toute la maturité qu’il a acquise, au moment où l’Europe elle-même traverse une crise. C’est donc un défi pour nous tous que de rester fidèles à notre objectif commun, pour que «notre maison commune» non seulement élargisse ses horizons et se consolide avec le temps, mais acquière une dynamique nouvelle, capable d’améliorer son retentissement et de faire avancer sa contribution aux affaires universitaires européennes.

En fin de compte, il est aujourd’hui plus évident que jamais que la mission nationale des universités passe par leur participation à la production et la gestion de la connaissance au niveau international. Et c’est cette nouvelle vision de l’université et de la connaissance qui montre la voie de la réforme du système universitaire. D’une université dont le statut actuel correspond à la période de transition de la féodalité à la société anthropocentrique moderne, à une université qui répondrait aux enjeux de la société anthropocentrique intégrée. C’est à ce défi que répond ce master de dimension européenne.

Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de doute que ces dix ans d’expérience européenne créative inégalable de notre Master sont largement dus à sa directrice Ariane Landuyt et à ses collaboratrices: Laura, Laura et Frederica.


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